Une bien triste nouvelle : Malakine s'arrête mais bleu horizon continue

Publié le par Verdun

Tout est dit dans le titre.

 

Malakine annonce qu'il s'arrète pour passer à autre chose. La lassitude était présente depuis quelques temps, et cette décision ne surprend finalement pas, même si elle prend au dépourvu.

 

Sans revenir sur la dette souscrite par ce blog au travail de longue haleine réalisé par Malakine, j'aimerai ici lui rendre hommage.

 

Ses analyses, notamment sur l'évolution souverainiste du FN version Marine, comme sur la distinction vitale à faire au plus vite entre laïcité et "anti-islam", furent des éléments essentiels pour faire avancer le débat.

 

Son dernier billet est un modèle du jour, et j'espère un jour décrire notre situation en quelques mots aussi percutants. C'est ici link

 

Voici d'ailleurs le commentaire maladroit que la lecture de ce billet m'a immédiatement inspiré  :

 

"Triste nouvelle,

Le desespoir est quelque chose de logique au regard des évolutions actuelles. Tout s'effondre, mais trop lentement pour que les solutions ne soient pas habilement écartées...

Cette tentation du repli existe pour moi aussi, mais je trouve une raison de poursuivre, envers et contre tout, lorsque je me tourne vers mes enfants.

Car finalement, c'est pour eux que nous avançons, en ne leur demandant rien si ce n'est de faire la même chose pour leurs propres enfants etc...

Je pense qu'il va être difficile de ne pas rester "impliqué", même si tu ne reviens pas sur le web. et surtout je crois que tout ce travail que tu as fait, par pure générosité, et qui a été partagé avec tant, ne sera pas totalement perdu, et sera même vital un jour ou l'autre.

Bonne route de ton coté, et le petit bout de chemin fait ensemble restera longtemps dans ma mémoire...

V."

 

La tentation du repli, de céder à l'épuisement face à l'aveuglement des élites, et leur blocage de toute évolution. Cette démoralisation est d'autant plus dangereuse que l'évolution de la majorité des citoyens est lente, trop lente par rapport aux enjeux.

 

Pourtant nous ne devons pas y céder, même si le choix de ceux qui comme Malakine choisissent un moment donné une autre voie est tout aussi respectable.

 

C'est l'objet d'un échange avec un commentateur sous mon billet sur les prédictions pour 2011, les défis deviennent majeurs, la tension est de plus en plus forte (rien qu'aujourd'hui en traversant à pied ma ville, j'ai assisté à trois altercations violentes entre passants ou collègues - du jamais vu pendant des vacances). Or pourtant, nous pouvons avoir l'impression d'un "surplace", d'une lenteur démotivante de la progression de nos idées (impression fausse, comme je le montre dans l'analyse des résultats des élections présidentielles depuis 1981 ici Ce que veulent les français depuis 20 ans ou comment gagner les élections présidentielles 2012

 

Un exemple : il y a encore quelques temps mes positions sur le "dépassement" de nos élites politiques paraissaient peu sérieuses, voire loufoques, elles sont aujourd'hui partagées par de très sérieux analystes, tel Mr Paul Jorion, voir son dernier billet ici : link

 

Il ne s'agit pas ici d'orgueil ou de fierté mal placée (je suis loin d'avoir le monopole de ces analyses, il suffit d'ouvrir les yeux et de prendre un peu de recul, ce que d'autres font bien mieux que moi), mais de rappeler que c'est souvent au moment où l'on s'y attend le moins que la roue tourne et que les analyses marginales deviennent centrales, les minoritaires deviennent majoritaires....

 

Il faut avoir confiance dans la force de nos idées et la pertinence des solutions que nous proposons, en luttant contre ceux qui vont tenter de les récupérer, de les dévoyer, de les trahir. Il faut aussi accepter de dépasser nos nuances, nos divergences pour nous concentrer sur ce qui nous rassemble, ce qui fonde notre réaction citoyenne et républicaine.

 

Tout ne se fera pas en un jour, ni comme nous le désirons.

 

Courage et patience, malheureusement il est évident que l'avenir nous donnera raison, et même en pire que ce que nous l'imaginons.

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