Quelques éléments sur la sortie de l'Euro (1) : positionnement du cadre de réflexion

Publié le par Verdun

Ces derniers jours laissent enfin la place à un discours sensé sur la fin de l'Euro et la sortie de cette monnaie unique.

 

Je vous propose d'y réflechir en allant plus loin à partir de différents points de vue.

 

D'abord, un extrait de la dernière interview d'Emmanuel TODD sur RMC BFM (Bourdin 2012) :

 

 

 

 

Même si l'on peut critiquer la tonalité engagée "à gauche" du discours, le fond reste la meilleure des manières de poser le problème :

 

L'Euro est mort, tout le monde le sait, sauf les décideurs.

 

C'est ce qui explique que les élites politiques se heurtent aux réalités.

 

Toujours dans ce cadre à poser, il convient de prendre conscience que la situation de divergence au sein de la zone euro est moins un éclatement qu'un retour à une état qui a été artificiellement modifiée par l'instauration de l'Euro à un prix élevé.

 

European-Interest-Rates.png

(source Der Spiegel online)

 

Le parallèle est frappant : grâce à la "parenthèse Euro", des pays aux risques élevés ont pu mener des politiques dépensières.

 

Sauf que le coût de ces politiques ne peut plus maintenant être assumé collectivement, et les distorsions réapparaissent là où elles n'auraient jamais dû cesser d'exister.

 

La fin de l'Euro n'est donc pas un drame, ni un cataclysme, mais la fin d'une période anormale et insoutenable sur le long terme.

 

Cette perspective renverse à tout le moins la vision que l'on peut avoir du débat : ceux qui militent pour la survie de l'Euro ne sont pas les "pragmatiques" ou les "réalistes" mais au contraire des rêveurs dangereux pour leur pays (et trahissant comme le rappelle E. TODD les intérêts nationaux qu'ils doivent défendre).

 

Pour autant, l'Euro va-t-il éclater brutalement ?

 

C'est ce que certains blogueur avertis pensent, affirmant même que certaines banques centrales auraient commencé à réimprimer de la monnaie nationale (c'est sûrement à ce jour une rumeur, mais elle en dit long sur la réalité des tensions dans les milieux les mieux informés de la situation).

 

Enfin, et d'un strict point de vue économique, certains analystes identifient la tension actuelle qui existe entre l'Allemagne et le reste de l'Europe avec celle qui a existé entre le Royaume -Uni et l'Europe du Système monétaire européen en 1992, et qui a abouti à une sortie brutale du R.U. du SME à la mi-septembre 1992 et une dévaluation prononcée de la Livre sterling (en but aux spéculations intensives des fonds d'investissement donc certains britanniques). C'est ici notamment.

 

L'histoire semble donc nous enseigner que ce sera l'Allemagne qui signera la mort de l'Euro, après de nouveaux soubresauts, pendant que des pans entiers des sociétés modernes se seront effondrés.

 

A ce stade, il peut être intéressant de réflechir aux implications de cette fin de l'euro sur la construction européenne en pourfendant une nouvelle fois le discours dominant qui lie un éclatement de l'Euro avec la fin de l'Union européenne. (à suivre)

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