Ce que veulent les français depuis 20 ans ou comment gagner les élections présidentielles 2012

Publié le par Verdun

Sous ce titre provocateur, il s'agit d'analyser sur le long terme les résultats des élections présidentielles depuis 1981, et d'y découvrir les tendances permanentes qui permettent de déterminer la victoire ou l'échec à venir en 2012.

 

Je vous propose en effet de relire ces résultats sous un angle d'analyse simple : et si les français votaient avec constance pour ce dont ils avaient besoin ? en d'autres termes, et si la majorité des français avait systématiquement raison ?

 

On conviendra que cette grille d'analyse est originale, alors même qu'elle repose sur la simple application de la légitimité du vote démocratique.

 

Les résultats de 1981 sont les suivants :

 

Mitterrand : 51,76 %

Giscard D'Estaing : 48,24 %

 

Il convient de rappeler que le programme socialiste pour l'élection de 1981, fruit des travaux du CERES de JP Chevènement (avec le soutien de Michel Jobert). L'inspiration souverainiste et sociale est un fait majeur.

 

Les résultats de 1988 sont les suivants :

 

Mitterrand : 54,02 %

Chirac : 45,98 %

 

Cette élection est la victoire la plus nette de la période étudiée (en mettant de coté 2002 bien sûr). Elle marque un choix clair des français de rejet de la politique libérale menée par le gouvernement de J. Chirac entre 1986 et 1988. Relevons que ce rejet suit celui du virage de la rigueur, décidé en mars 1983, et qui avait abouti à une défaite éléctorale cuisante pour le Parti socialiste aux législatives de 1986. J. Chirac s'en souviendra en 1995, comme nous allons le voir.

 

Les résultats de 1995 sont les suivants :

 

Chirac : 52;64 %

Jospin : 47,36 %

 

C'est lors de ces élections que J. Chirac va rompre avec la politique libérale du gouvernement Balladur, et présenter un programme de tendance gaulliste social, basé sur les travaux d'Emmanuel Todd notamment (la célèbre "fracture sociale") d'Henri Guaino.

 

Singalons au premier tour des élections de 1995, la constitution d'un bloc souverainiste qui monte en puissance (19,74 %), regroupant l'ensemble des candidats de droite ou de gauche (y compris les extrêmes) préconisant clairement un retour aux politiques nationales.

 

Les résultats de 2002 sont connus, avec une victoire au second tour de J. Chirac (82,21 %) sur J-M Le Pen (17,79 %).

 

Le résultat le plus intéressant est celui du premier tyour, avec un bloc de candidats souverainistes à hauteur de 28,74 %.

 

Les résultats de 2007 sont les suivants :

 

Sarkozy : 53,06 %

Royal : 49,94 %

 

Le bloc composé des candidats souverainistes a reculé (13,82 %) mais cela s'explique par l'irriguation progressive des thématiques et des discours souverainistes ou républicains des programmes des principaux candidats.

Or, tandis que S. Royal se détache de J-P Chevènement après le 1er tour, N. Sarkozy augmente les références à la nation et à la république, en s'appuyant sur des discours redoutablement efficaces de Guaino.

 

 

Ces résultats montrent une remarquable constance des français dans leurs votes : ils veulent que l'on s'occupe d'eux avant tout (et non de l'europe ou d'autre chose) et que l'on commence par leur préoccupation essentielle : l'emploi (et non la sécurité, l'immigration etc...).

 

D'ailleurs, ils ont systématiquement voté pour celui qui leur proposait cela depuis 1981, et ce quelque soit son partit et sa "couleur" politique.

 

Or, le dernier baromètre La Croix TNS Sofres montre que la première des préoccupations des français est l'Emploi et le Chômage (74 %) devant le financement des retraites (53 %), la santé (52 %), et le pouvoir d'achat (47 %).

 

La sécurité n'arrive qu'en dernière position (22 %). On relèvera que la lutte contre l'inflation et la stabilité des prix (inhérente à une monnaie forte) , la réduction des déficits publics et la construction européenne ne sont même pas dans ce classement (comme l'environnement d'ailleurs, même si indirectement la thématique de la santé en est proche).

 

Cette analyse montre donc qu'il existe un décalage grandissant entre les politiques constantes menées par les gouvernements depuis 1983 (libéralisation économique et stabiluité des prix au détriment de la réduction des inégalités et du chômage), politiques pourtant désavouées avec la même constance par le peuple français.

 

Celui qui saura dépasser cette contradiction pourra emporter la victoire en 2012.

 

Les hommes politiques actuels sont-ils capables d'en prendre conscience ? c'est ce que nous verrons dans la deuxième partie de mon travail sur les élites.

 

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Jardidi 04/02/2011 16:27


Les candidats souverainistes devraient donc améliorer nettement leur score. Ce qui changerait est que plus personne n'attend quoi que ce soit de la part du PS et de l'UMP, renforçant encore le vote
Lepen..