Sarkozy 2012 : l'homme qui transforme tout ce qu'il touche en plomb

Publié le par Verdun

Ce billet n'est pas un énième pamphlet incendiaire sur un Président dont le mandat touche à sa fin, et qui présente le plus mauvais bilan de la Vème République. Il s'agit au-delà de voir pourquoi sa nouvelle candidature en 2012, dont personne ne peut douter aujourd'hui, va ouvrir un nouveau cycle catastrophique pour la France.

 

Au moment de son élection, mon positionnement vis à vis de Nicolas Sarkozy était assez simple : pour moi il s'agissait d'un aventurier, qui à ce titre allait connaître des succès surpenants puis une chute brutale. Et j'ajoutais "je ne veux pas que mon pays soit entraîné dans une chute qui est inéluctable".

 

Depuis Alcibiade jusqu'à Tapie, en passant par Savonarole ou les deux Napoléons, l'histoire est pleine de ces aventuriers qui traversent tels des comètes, le paysage politique de leur communauté, particulièrement dans les époques troublées.

 

Leur trajectoire est toujours la même, une ascenson fulgurante qui semble irrésistible pendant laquelle les médiocres crient au génie, jusqu'à une apogée. Puis une chute brutale causée par  ce qui était considéré jusque-là comme des qualités décisives. Le propre de ecs aventurier étant que ce qui les a fait gagner se retourne contre eux et précipite un effondrement complet, que les mêmes médiocres, complètement surpris, s'emprésseront de qualifier "de prévisible".

 

J'avais donc classé intuitivement Nicolas Sarkozy dans cette catégorie assez dangereuse de politiques, dangereuse parce qu'en général la chute finale d'un aventurier entraîne avec elle l'ensemble de la communauté qui a osé lui confier son destin. Il suffit de voir l'état dans lequel les deux Napoléons ont laissé la France en 1815 et en 1871 (ou encore à un autre niveau l'état dans lequel Tapie a laissé l'OM après sa chute). Et je n'étais pas le seul.

 

Je dois aujourd'hui concéder mon erreur car en ce qui concerne Nicolas Sarkozy, ce constat n'est pas bon, ou plus exactement pas complet.

 

En effet, il n'est pas simplement un "aventurier", qui fait brutalement irruption pour remporter la course présidentielle sans projet, mais juste avec une ambition insatiable. C'est aussi un homme qui véritablement "transforme tout ce qu'il touche en plomb".

 

Et c'est vrai des gens qu'il rencontre et qui s'attache à lui, que nous voyons exploser sous nos yeux, ou simplement disparaître avec une rapidité déconcertante. Qu'il s'agisse d'artistes (Faudel, Bigard...), d'hommes politiques (ils sont trop nombreux : Baroin, MAM...), de penseurs (Qu'est devenu Glucksman ? Et on ne parlera pas du cas Guaino), ou de ces trop nombreux ambitieux qui grenouillent dans les allées du pouvoir à la recherche du futur décideur qui assurera leur succès (ils sont là encore trop nombreux mais citons par exemple Dati, qui est tout un symbole).

 

C'est aussi vrai des idées, des beaux discours, avec deux séquences exemplaires :

 

juste avant son élection, lors de harangues vibrantes de républicanisme, reniées par ses actes dans les 3 jours de son élection (avec la trilogie Fouquet's - Falcon - Yacht au large de Malte, même Finkelkraut en a été choqué) ;

 

juste après la grande Crise de 2008, avec des discours enflammées sur la nécessité de briser ce capitalisme financier mondialisé qui met en danger la Société.... discours bien oubliés depuis !

 

C'est enfin vérifié dans ses actes politiques, et là tout y passe avec un tel caractère systématique qu'en prenant du recul on en vient à se demander pourquoi on ne l'a pas vu avant.

 

Ses réformes ? Toutes ratées, même celles qui partaient d'une bonne idée ! Aucune n'a donné un résultat satisfaisant, étant entendu que la plupart ne change rien et ne mérite même pas le nom de "réforme".

 

Ses projets ? qu'il s'agisse du Grand Paris, de la RGPP ou de l'Union pour la Méditerranée (qui aurait pu être aujourd'hui un acteur moteur du mouvement de liberté qui s'étend sur tout le monde arabe), rien ne va plus...

 

Son bilan ? que ce soit en matière d'équilibre budgétaire, de politique industrielle, d'emploi, de rayonnement de la France à l'extérieur....

 

Bref, il faut se rendre à l'évidence, cet homme transforme tout ce qu'il fait en catastrophe... pour nous !

 

Les raisons de cette situation m'importent peu  (après tout c'est avant tout son problème), en revanche, il faut en tirer les conséquences.

 

Et elles sont de deux types :

 

1) - Pour 2011, il faut s'attendre à de nouveaux échecs et à une aggravation de la situation, la situation de crispation que je prévoyais pourrait donc se "débloquer" plus vite que prévu sous l'effet de contraintes extérieures fortes (qui peut nier que tout s'accélère et que notre pouvoir politique n'est pas prêt ?).

 

Bref, rien de bien positif à attendre.

 

2) - Pour 2012, il n'y a pas de raison que celui qui a tout raté depuis le soir de son élection s'arrête, il va donc aussi manquer complètement sa sortie.

 

La phase de rejet étant bien établie, et au regard de son impopularité, j'en reviens à mes précédentes projections avec plus de force : soit cela peut très mal se passer avec un pouvoir aux abois et prêt à tout ;

soit les français vont choisir n'importe qui plutôt que lui, ce qui ouvre la porte à beaucoup de candidats qui n'ont pas un projet politique permettant d'espérer sortir notre pays de l'ornière.



Bref, là encore rien de bon pour les défenseurs de la République qui risquent encore de voir se réduire sa force, alors que la tempête approche...

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Macastril 25/03/2011 13:42


Bonjour

Je ne suis pas en désaccord sur le fond, néanmoins j'aimerais commenter le parallèle effectué avec les épopées napoléoniennes (et par extension l'aventure gaulliste) et la question d' "l'homme de
caractère", pour reprendre de Gaulle.

Sarkozy, s'il est un type en apparence actif et libéré des carcans, est en fait avant tout un type sans idéologie et en roue-libre au niveau de la pensée politique. Napoléon et de Gaulle, même
s'ils étaient aimés pour leur individualité aventureuse, étaient avant tout encadrés par un contexte idéologique structurant.

En cela, ils étaient puissants et pouvaient faire quelque chose de la nation. Ce que ne peut absolument pas faire Sarkozy, représentant d'un narcissisme ambiant qui par définition empêche tout
enrôlement collectif.

Ce n'est pas une critique, juste une remarque pour appuyer encore l'invalidité d'un tel parallèle.


Verdun 25/03/2011 16:57



Vos remarques sont bigrement intéressantes.


Mais je me permettrai d'insister non pas sur l'absence d'idéologie de Sarkozy (qui en une croyez-moi, elle est lisible et évidente) mais avant tout sur l'absence de projet.


Qu'a-t-il à offrir aux français ? Quel projet d'avenir et de réussite ? Quelle est sa conception de la France, sa vision ?


Ces questions restent sans réponse, son action se limitant à une agitation incessante et guidée par des objectifs de pur marketing politique. Il veut faire croire qu'il fait au lieu de faire - Or
c'est avant tout parce qu'il ne sait pas quoi faire, tiraillé entre son idéologie atlantiste et libérale (tendance Tatcher) et la réalité d'un pays dont la situation comme les valeurs lui est
échappent.


Pour moi, c'est donc moins l'absence d'idéologie que l'absence de projet : De Gaulle avait un projet pour la France (et Napoléon aussi - au début au moins), comme Clémenceau...


Cet absence de projet (au-delà de la gestion des affaires courantes et du maintien de tout : libre-échange, euro...) est partagée avec le PS, laissant un boulevard au FN.


V.



Jardidi 04/03/2011 22:13


Oui, c'est cela, avec en plus un manque de chance continuel. Par ailleurs, nous le jugions un formidable manipulateur médiatique or il semble agiter toujours les deux mêmes ficelles maintenant
usées de la délinquance et des Arabes et des noirs. La situation devant s'aggraver continuellement, je crois qu'il faut en analyser les conséquences, un très grand mouvement social et la réaction
anti-démocratique du pouvoir.


Verdun 07/03/2011 10:29



C'est vrai que progressivement le roi re-devient nu : privatisation du pouvoir républicain au profit d'intérêts particuliers.


C'est le seul dénominateur commun de tout le mandat présidentiel. Au-delà des échecs, il faut aussi voir l'absence totale de prise en compte de l'intérêt collectif.


Un exemple symbolique : la seule Loi votée en 2010 qui a vu tous ses décrets d'application adoptés dans les délais utiles fut la Loi sur la légalisation des paris en ligne... Toutes les autres
attendent un ou plusieurs décrets (y compris les Lois "urgentes" sur la sécurité intérieure).


Le soucis est que cette perte de l'intérêt général s'accompagne d'une véritable déconstruction de la République. Je vais reprendre mes billets d'analyse là-dessus.



Jardidi 02/03/2011 20:42


Je me disais la même chose, il pourrit tout ce qu'il touche. Il me semble avoir un côté irresponsable, psychologiquement faible. Je lis que la crise de l'Euro reprend et c'est effrayant de savoir
qu'il sera aux commandes.


Verdun 04/03/2011 11:44



Bonjour,


D'abord merci de votre lecture régulière et de votre soutien à la démarche de ce blog.


Justement, je concède que ce billet ne s'inscrit pas dans la démarche de réflexion et d'analyse des mouvements de fond que je me propose de mener ici.


Mais en l'état actuel, un peu de "sarko bashing", cela ne fait pas avancer mais cela soulage


Et surtout, aujourd'hui, nous ne sommes plus en face d'un Président immature ou hystérique, ni en face d'un Président "qui nous fait perdre du temps", mais réellement en présence de
quelqu'un qui rate tout ce qu'il fait .


Bref qui transforme tout "en plomb" (par opposition à celui qui transforme tout ce qu'il touche en or).


V.