Pendant les bombes et les révolutions, l'Euro poursuit son implosion avec le Portugal

Publié le par Verdun

Voilà, l'annonce a été faite, d'abord dans un entretien au  site Internet du quotidien "Jornal de Negocios", par le Ministre des finances Fernando Teixeira, puis confirmée dans la soirée par le Premier Ministre par interim, après la Grèce et l'Irlande, le Portugal va devoir faire appel à l'aide européenne.

 

Il convient de relever à ce stade deux choses :

 

D'abord que cette annonce a été démentiejusqu'au milieu de l'après-midi, sans abuser personne. Il y a là une vraie réflexion à mener sur l'utilité et la pertinence d'une parole publique aussi décalée des réalités (il faut préciser que les démentis qui se succèdent depuis des mois sur le Portugal et ailleurs en Europe n'ont aucun effet sur les marchés).

 

Ensuite, cette annonce est donc une confirmation évidente que la succession des crises définies depuis maintenant plus d'un an par certains, et niées jusqu'à l'évidence par les pseudo économistes spécialistes est en train de se réaliser.

 

Tout le monde le sait, personne ne veut le reconnaître, personne ne fait rien contre et donc rien ne change.

 

La Grèce, puis l'irlande, puis le Portugal.

 

Le prochain sur la liste ? Il est déjà désigné, c'est l'Espagne. Un gros morceau autrement plus dangereux pour l'équilibre global de l'Europe.

 

Et ensuite ? Il y avait l'Italie mais la France et le Royaume-Uni, avec leurs engagements militaires dispendieux, me paraissent maintenant s'approcher dangereuseemnt d'une zone de turbulence que nos dirigeants refusent de faire disparaître, alors qu'ils en ont le pouvoir et la capacité.

 

Combien de pays, de chômeurs, de fermetures d'usines, de délocalisation, de pauvreté, d'émeutes faudra-t-il pour qu'ils comprennent ?

 

A voir le programme annoncé par le Parti socialiste, qui évite soigneusement les questions essentielles et les solutions nécessaires pour des demi-mesures et des actions à la marge, on est loin du compte !

 

A lire le dernier ouvrage de Minc sur l'Europe, "petit coin de paradis" (pour lui peut-être) il est évident qu'il faudra bien plus et bien pire pour que les choses changent dans l'esprit de nos élites autistes et auto-convaincues de leur impuissance.

 

 

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Verdun 21/04/2011 12:18


@ Laurent Pinsolle

merci de ce commentaire et du lien. je fais de même.
Pour revenir à vos questions, je ne pense pas que cela tienne jusqu'en 2013. justement le problème est que les compromis politiques actuels traitent des problèmes post-2013 en partant du postulat
que cela "tiendra" jusque-là. Or rien n'est plus faux.
à priori c'est prévu pour l'automne 2011.
Vu les évolutions de taux des CDS, je crains que cela ne soit avant, sauf QE3 bien sûr...


Laurent Pinsolle 20/04/2011 19:13


"auto-convaincues de leur impuissance" : je partage complètement. L'UMP, le PS, le Modem et les Verts ne croient plus pouvoir réellement agir sur le réel. Et c'est même le cas de l'extrême gauche.
Besancenot refuse le protectionnisme commercial. Ils sont piégés par leur mondialisme anti-national.

Malakine a raison : la question n'est pas de savoir s'il y aura un défaut (partiel) mais qui et quand. La Grèce, c'est sûr, mais se pose la question du quand : faudra-t-il attendre la fin du fonds
européen en 2013 ou le peuple grec se révoltera-t-il avant ? Et toute hausse un peu sensible des taux longs ferait exploser le système.


Verdun 14/04/2011 18:04


Bonjour Jardidi,

"Nous aurons de plus en plus de duels FN/PS-EE, latins pauvres contre girondins, clivage parfaitement cohérent et appelé à durer"

Cette analyse m'intéresse (ce n'est pas que cela m'enchante particulièrement).

Mais il faudrait développer et en tirer les bonnes conséquences.

V.


Jardidi 14/04/2011 10:49


Qu'elles soient médiocres ou traitresses, elles nous mènent à la catastrophe. Il me semble qu'il faut aujourd'hui penser Marine Lepen. Est-elle compétente, peut-on être certain de sa sincèrité,
risque-t'ele d'être étouffée par ses cadres d'extrême-droite. Non seulement, elle est quasiment la seule nouveauté de la vie politique mais elle entraîne un bouleversement. L'UMP devrait passer à
la troisième place et cela en fera un parti dominé. Nous aurons de plus en plus de duels FN/PS-EE, latins pauvres contre girondins, clivage parfaitement cohérent et appelé à durer.


Verdun 12/04/2011 19:28


Merci de la référence. je n'ai pas trop le temps mais je vais essayer d'aller voir/écouter ça.
Sinon, l'insolvabilité n'est pas la fin du monde, surtout pour un Etat. Après c'est une question de courage politique, de compétence économique, qualités particulièrement présentes actuellement
chez nos "zélites" ;-)

V.