Après DSK, un point d'étape sur la course aux présidentielles 2012

Publié le par Verdun

Je reviendrai plus tard sur l'affaire DSK et ce qu'elle révèle des déviances des élites politiques et médiatiques (surtout médiatiques), qui portent aujourd'hui gravement atteinte au bon fonctionnement du jeu démocratique.

 

En revanche, l'impact sur le retrait de DSK est important pour l'analyse des prochaines étapes de la présidentielle.

 

D'abord il profite au Président sortant qui voit se retirer un prétendant dangereux, car largement supérieur à lui dans la conquête des voix du centre.

 

Ensuite, cela clarifie la situation dans le camps du Parti socialiste, en plaçant la candidature de François Hollande à sa juste place : celle du plus à droite, du plus libéral des candidats. On en est même à se demander ce que cet homme a encore à faire dans un parti qui se prétend "socialiste", tant il se prépare à la fonction suprême avec comme seul crédo, celui d'administrer une purge, une saignée extraordinaire à la République et à la social-démocratie.

 

Et le retrait de DSK favorise d'un coup l'hypothèse d'une candidature de Martine Aubry, qui elle se révèle plus proche des notions républicaines, notamment en économie (l'influence de B. Hamon sûrement).

 

Elle libère enfin la place pour un "troisième homme", qui pourrait être Ségolène Royal (je ne ferai aucun commentaire sur cette candidature) ou plus sérieusement Arnaud Montebourg ou Laurent Fabius, qui se positionnent plus clairement dans les enjeux et défis à venir dans le bon sens.

 

Le premier sondage réalisé après "l'affaire DSK" est clair et il ne faut s'attendre à ce que les tendances lourdes qu'il dégage se confirment.

 

Les résultats sont évidents pour le 1er Tour, qui va de plus en plus devenir le tour décisif (source sondage CSA BFM RMC et 20 Minutes) :

 

Décrivons les résultats avant de les décrypter : "Si le premier tour avait lieu dimanche prochain", les français voteraient  :

 

si F. Hollande est le candidat du PS :

François Hollande 23 %

Nicolas Sarkozy 22 %

Marine Le Pen 20 %

jean-louis Borloo 8 %

François Bayrou 7 %

Nicolas Hulot 6 %

Jean-Luc Mélenchon 5 %

Dominique de Villepin 4 %

NPA 2 %

Nicolas Dupont-Aignan 2 %

Nathalie Arthaud 1 %

 

si M. Aubry est la candidate du PS :

 

Martine Aubry 23 %

Nicolas Sarkozy 23 %

Marine Le Pen 19 %

 jean-louis Borloo 8 %

François Bayrou 7 %

Nicolas Hulot 6 %

Jean-Luc Mélenchon 5 %

Dominique de Villepin 4 %

NPA 2 %

Nicolas Dupont-Aignan 2 %

Nathalie Arthaud 1 %

 

 si S. Royal est la candidate du PS :

 Nicolas Sarkozy 23 %

Marine Le Pen 20 %

Ségolène Royal 18 %

 jean-louis Borloo 10 %

François Bayrou 8 %

 Nicolas Hulot 6 %

Jean-Luc Mélenchon 5 %

Dominique de Villepin 4 %

NPA 2 %

Nicolas Dupont-Aignan 2 %

Nathalie Arthaud 1 %

  

L'analyse de ces chiffres est intéressante :

 

D'abord il faut rappeler qu'il peut se passer encore beaucoup de choses (et vu déjà ce qui se passe, il VA se passer beaucoup de choses) et la liste donnée ici devrait subir de grands changements, d'autant plus que ces candidats potentiels, qui en se sont pas tous déclarés, devront passer le text draconien et inique des 500 signatures (toujours publiques cela a son importance).



Mais une fois ces réserves posées, on se rend compte que le positionnement de Hollande par rapport à Aubry marque deux différences :

- François Hollande prend des voix... à Nicolas Sarkozy et en donne à Marine Le Pen

- Martine Aubry prend des voix... à Marine Le Pen et en donne à Nicolas Sarkozy



En terme d'image, donc la candidature de François Hollande fait courir un risque majeur au PS de réédition de la situation d'avril 2002, son image étant aussi "brouillée" dès aujourd'hui que celle de Lionel Jospin au sein de son propre camp comme parmi les français.



Or, ces tendances à peine visibles aujourd'hui vont s'aggraver, et si le PS fait le "mauvais choix", (celui de croire que la "bataille" présidentielle se gagnera au centre et non dans le retour à la souveraineté et à la république) il ouvrira la porte au FN (qui a lui parfaitement compris l'enjeu) et par voie de conséquence au risque d'une réélection de Nicolas Sarkozy.



Elles sont d'ailleurs confirmées dans un sondage Ipsos Logica Le Monde France Télévision Radio France d'aujourd'hui.

 

François Hollande (29 %) prend des voix à Nicolas Sarkozy (19 %) au premier tour, par rapport à Martine Aubry (27 % pour 21 % à Nicolas Sarkozy), mais le PS perd face au Président sortant au second tour !

 

S. Royal ne passe même pas au Second Tour et il faut s'attendre à ce qu'elle se retire rapidement de la compétition.

 

Il est encore trop tôt pour juger, mais le risque existe, et l'on voit déjà se mettre en place le "battage médiatique" en faveur de F. Hollande dans tous les médias (comme en 2007 en faveur de S. Royal) qui va à nouveau éloigner le Parti socialiste des vrais problèmes des français, en confisquant une nouvelle fois, comme en 2002 et 2007 le débat au profit de candidats parfaitement conformes aux intérêts d'un système qui nous emmène au bout de ses contradictions.



A suivre donc...



Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Verdun 20/05/2011 11:48


Bonjour,
Les sondages montrent une large majorité de'élécteurs qui reconnaissent pouvoir encore changer d'avis.
Donc en effet rien de définitif mais, il m'a semblé intéressant de distinguer ls prémices de ce qui peut se révéler des tendances "lourdes" alors que le choix des candidats est à faire bien avant
l'élection.
A suivre donc...


Jardidi 19/05/2011 20:48


Bonjour - Les sondages actuels sont-ils importants? J'ai lu qu'à cette date, ils indiquaient le point de vue des classes moyennes. Les classes populaires se décident assez tardivement durant la
campagne électorale. En plus, d'éventuels évènements en Europe pourraient avoir une très forte influence.